09/08/2011 09:30

Le KGB impliqué dans la mort d’Albert Camus ?

Selon les affirmations d'un universitaire italien, accueillies avec scepticisme par les experts, l'accident de la route dans lequel l'écrivain français Albert Camus a trouvé la mort en 1960, à l'âge de 46 ans, aurait été provoqué par des agents du KGB. Giovanni Catelli, un spécialiste de l'Europe de l'Est, dont la théorie a été exposée dans les colonnes du quotidien italien Il Corriere della Sera, a découvert cette version des faits dans le journal posthume du poète tchèque Jan Zabrana, intitulé "Toute la vie".

Selon Catelli, dans l'édition originale en tchèque de ce journal figure un passage non traduit dans l'édition italienne où Zabrana fait état d'une rencontre avec un Russe proche du KGB et la raconte ainsi: "J'ai entendu une chose très étrange d'un homme qui sait beaucoup de choses, et qui dispose de sources pour les connaître", commence-t-il. "Il affirme que l'accident de la route dans lequel est mort Camus en 1960 a été arrangé par l'espionnage soviétique. Ils ont endommagé un pneu de la voiture grâce à un outil qui lors d'une pointe de vitesse a tailladé ou crevé le pneu", poursuit-il.

"L'ordre pour cette action a été donné personnellement par le ministre (soviétique des Affaires étrangères Dmitri) Chepilov, comme 'récompense' pour l'article publié sur "Franc-Tireurs" en mars 1957 dans lequel Camus, à propos des événements en Hongrie, a attaqué ce ministre, le nommant de façon explicite...", ajoute-t-il.

"Cette théorie ne peut pas être vérifiée"

Aussi séduisante soit-elle, cette théorie aux ingrédients dignes d'un James Bond ne convainc pas le philosophe français Michel Onfray, qui doit publier une biographie de l'auteur en janvier. "Je ne ne crois pas cela plausible, le KGB avait les moyens d'en finir autrement avec Albert Camus", a-t-il confié. Surtout, "ce jour là, Camus devait en fait rentrer par le train. Il avait même son billet, et c'est au dernier moment qu'il a décidé de rentrer avec Michel Gallimard (neveu de l'éditeur Gaston). D'ailleurs, la voiture était celle de Gallimard", a-t-il souligné, notant également que la Facel Vegua était une voiture qui "ne tenait pas la route". "Que les Soviétiques aient eu envie d'en finir avec lui (Camus), c'est sûr, mais pas comme ça", a-t-il souligné.

Vojtech Ripka, de l'Institut pour l'étude des régimes totalitaires de Prague, est lui aussi très circonspect: cette théorie "ne peut pas bien sûr être vérifiée (...) Toutes les choses intéressantes que le StB (la police secrète communiste tchèque) a trouvées et que les Soviétiques voulaient sont allées directement là-bas (à Moscou). Les Russes ne vous laisseront pas mettre votre nez la-dedans", a-t-il expliqué.

Le mystère, si mystère il y a, risque donc de planer encore longtemps sur la mort du plus jeune Nobel de l'Histoire (obtenu à 44 ans en 1957). L'écrivain est mort à bord d'une Facel Vega qui roulait à toute allure en direction de Paris. Le véhicule avait fini contre un arbre à 24 km de Sens, mettant fin à la carrière fulgurante de l'auteur de "La peste" et de "La Chute". Ecrivain engagé, il avait protesté contre la répression sanglante des révoltes de Berlin-Est (juin 1953) et contre l'expansionnisme communiste à Budapest (septembre 1956). 

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Vos réactions

Portrait de Arrows59
11/août/2011 - 02h51

Malheureusement cette thèse fumeuse ne nous le refera pas revenir...
Quand aux qualités de tenue de route effectivement POUR L'EPOQUE, je suis d'accord avec " Micky88 " c'était tout à fait correct mais à haute vitesse trés délicat et pour avoir été passager d'une HK500 Boite Méca la FACEL préfère clairement les lignes droites que les enchainements Gauche / Droite serrés...
Une mécanique largement capable de faire parler la poudre, en dépit d’un poids supérieur à 1.6 tonne. Une masse qui fait sourire aujourd’hui, mais considérable pour l’époque en regard du châssis. Pour rappel, essieu rigide, lames de ressorts, direction à vis et galet lourde comme celle d’un camion (assistance… en option), 4 tambours en guise de freins, une suspension qui ne contient pas particulièrement le roulis et 4 pneus pas bien larges mais à flancs hauts. Ces derniers sont soumis à de sacrées contraintes !...
Si on ajoute tout le poids sur l'avant avec l'énorme moteur Chrysler v8 de 5,9 L et l'accident n'a rien d'étonnant...

Portrait de Micky88
9/août/2011 - 10h12

En tant que collectionneur, quand je lis que la Facel Vega ne tenait pas la route, ça me donne des doutes sur le reste des analyses...
En effet, les spécialistes automobiles et constructeurs de cette "merveille" de l'époque écrivaient à propos de ce modèle :

"La souplesse et la puissance du moteur, tout a fait remarquables , surtout lorsque l'on considere le rapport de compression qui atteignait 10:1 sur la HK500, permettaient une conduite a des vitesses tres élevees sans prendre aucun risque, et ceci a un point tel qu'il etait difficile pour le conducteur de savoir a quelle vitesse il roulait sans regarder son compteur. La parfaite tenue de route du vehicule et la qualité de son centrage permettaient de conduire a des vitesses élevées sur des routes mouillees sans risque de dérapage ou de perte de contrôle. Cette qualité se retrouvait également sur la neige: nos clients ne mettaient virtuellement jamais de chaines pour monter dans les differentes stations de sports d'hiver. Le freinage a servo-assistance etait judicieusement distribue a l'avant et a l'arriere et donnait une confiance totale au conducteur."

Il serait dommage de jeter l'opprobre sur ce véhicule qui faisait et fait toujours rêver et qui, pour la petite histoire, était construit par le frère de l'écrivain Pierre Daninos à l'humour si british...

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