31/07/2011 09:50

Celle qui affirme avoir été la maîtresse de DSK critique l'avocat de Nafissatou Diallo

Une femme qui dit avoir entretenu une liaison avec Dominique Strauss-Kahn explique dans le JDD avoir été contactée par l'avocat de Nafissatou Diallo, Kenneth Thompson, et s'en prend à ses "questions brutales", "un peu comme dans un interrogatoire de police".

Installée aux Etats-Unis mais réfugiée en Suisse pour échapper à la pression médiatique, cette jeune Française précise par ailleurs que son "avocate à Los Angeles, Gloria Allred, a été contactée par le bureau du procureur Vance à New York".
"Je ne sais pas où en sont les choses parce que je suis en Europe depuis une semaine", ajoute-t-elle. Dans le magazine suisse l'Illustré, elle avait toutefois prévenu cette semaine que son témoignage "servirait sans doute plus la défense que l'accusation".

Kenneth Thompson, l'avocat de Nafissatou Diallo, la femme qui accuse DSK d'avoir tenté de la violer en mai dans une chambre d'hôtel de Washington, "m'a couru après pendant une semaine", "j'avais des messages tous les jours", raconte cette jeune femme.

"C'est à partir de ce moment que j'ai engagé mon avocate. Nous avons eu une conférence téléphonique avec lui le 18 juillet pendant quarante-cinq minutes. Mais je lui ai répondu sèchement parce que ses questions étaient très personnelles, brutales, chirurgicales, un peu comme un interrogatoire de police", dénonce cette jeune femme.

Dans son entretien à L'Illustré, elle avait déjà accusé Thompson de lui avoir posé des questions "vraiment salaces, chirurgicales" Elle explique que sa trace a été retrouvée car "il semble qu'un cabinet d'investigation de Washington se soit procuré une lettre que j'avais adressée à mon père à Sarcelles et dans laquelle j'évoquais ma liaison avec Dominique Strauss-Kahn". Elle aurait alors accordé son interview au magazine suisse pour "prendre les devants", explique-t-elle au JDD.

Le 20 juillet, Kenneth Thompson s'est rendu chez le procureur accompagné de l'avocat de Tristane Banon, une jeune femme écrivain française qui affirme que DSK a tenté de la violer en 2003. 

Ailleurs sur le web

Vos réactions

Portrait de C_JM
C_JM (non vérifié)
1/août/2011 - 15h09


Pas du tout.
J'imagine mal un père fournir ce genre de lettre intime et intimiste en sachant que sa propre fille sera livrée en pâture .
D'ailleurs le "Mouais" à la fin de mon précédent post se voulait dubitatif...
.

Portrait de Gritcht
1/août/2011 - 15h06


Et bien sans doute pas. Tout le monde peut avoir son opinion , c'est pas ce qui solidifie un dossier :D

Portrait de Gritcht
1/août/2011 - 13h29

Mais qu'est-ce que ça peut faire, la façon dont elle a été retrouvée ?

Le bureau du Procureur et Kenneth Thompson l'ont interrogée, apparemment, donc ils jugeaient son témoignage recevable. Point barre.

Portrait de C_JM
C_JM (non vérifié)
1/août/2011 - 13h13
cash33 a écrit :
je viens de vérifier ..le père .. après avoir été socialiste, s’est retrouvé en 2008 en 41e position sur la liste municipale de l’UMP menée par Patrick Galmet contre François Pupponi. ;)


Le père ayant viré de bord, aurait donc balancé sur la relation de sa propre fille et DSK ..., et MV se retrouve maintenant en position de se justifier à la face du monde. Mouais !

Portrait de cash33
1/août/2011 - 12h56

je viens de vérifier ..le père ..
après avoir été socialiste, s’est retrouvé en 2008 en 41e position sur la liste municipale de l’UMP menée par Patrick Galmet contre François Pupponi.
;)

Portrait de cash33
1/août/2011 - 12h55
C_JM a écrit :
Je suis d'accord avec vous, mais je parle de la lettre physiquement. Qu'il y ait enquêtes pour remonter jusqu'aux autres éventuelles relations de DSK, et savoir quel était son comportement avec elles, c'est de bonne guerre avec ce que font de leur côté les détectives privés du camp adverse. Mais MV dit bien que c'est suite à la lettre qu'ils ont eue en mains (comment ???) qu'elle a pu être "retrouvée". La question que je me pose est donc qui a fourni cette lettre ? Déjà le cas Banon et sa mère (élue PS), et là MV (père militant PS à Sarcelles) qui tombe à pic. Qui au PS a tout intérêt à ce que DSK ne sorte pas de ces histoires ?

Le père "était" au PS mais il a retourné sa veste .;en 2008 ,il était 41° sur une liste UMP majorité aux municipales à Sarcelles
(liste Toulmet patrick)
;)

Portrait de C_JM
C_JM (non vérifié)
1/août/2011 - 12h15

Je suis d'accord avec vous, mais je parle de la lettre physiquement.
Qu'il y ait enquêtes pour remonter jusqu'aux autres éventuelles relations de DSK, et savoir quel était son comportement avec elles, c'est de bonne guerre avec ce que font de leur côté les détectives privés du camp adverse.
Mais MV dit bien que c'est suite à la lettre qu'ils ont eue en mains (comment ???) qu'elle a pu être "retrouvée".
La question que je me pose est donc qui a fourni cette lettre ?
Déjà le cas Banon et sa mère (élue PS), et là MV (père militant PS à Sarcelles) qui tombe à pic. Qui au PS a tout intérêt à ce que DSK ne sorte pas de ces histoires ?

Portrait de Gritcht
1/août/2011 - 11h30

Ca m'étonne pas que certains mettent en doute le témoignage de Marie-Victorine... Les mêmes n'auraient rien trouvé à redire au témoignage d'une nouvelle "femme violée par DSK"...

On est plus dans la raison , là , on est dans la passion politique (ou ... politicienne...)

Portrait de C_JM
C_JM (non vérifié)
1/août/2011 - 10h14

J'ai volontairement retiré une partie de votre message pour m'arrêter sur le point de cette lettre dont personne ne semble se demander comment elle a pu atterrir entre les mains d'un cabinet d'investigation de Washington !!!
Cette lettre (écrite depuis des années) était privée, destinée à une seule personne : le père de MV, militant PS à Sarcelles (ville où DSK a été maire de 1995 à 1997).
Dans l'hypothèse où ce ne soit pas le père lui-même qui ait fourni cette lettre à Washington, qui d’autre l'aurait fait si ce n'est un des proches du père ? C'est assez étrange tout ça.

Portrait de cash33
31/juillet/2011 - 23h50
Alerte a écrit :
Dans ces histoires de culs, ils parlent tous de Dieu. Dieu serait-il le plus grand voyeur de l'histoire humaine ?

peut être :il a crée Adam et Eve et les a laissé nus
au moins au début ..

:)

Portrait de C_JM
C_JM (non vérifié)
31/juillet/2011 - 20h47


Pour un viol, il faut qu'il y ait un acte de pénétration.

Portrait de Gritcht
31/juillet/2011 - 19h51


Tellement prévisible cette réaction :D

Et oui, ce témoignage ne va pas dans votre sens :D

Portrait de Gritcht
31/juillet/2011 - 19h44

Elle ne parle pas de violence. Elle parle de passion.

Pour les chefs d'inculpation, RDV le 23 Aout :)

Portrait de C_JM
C_JM (non vérifié)
31/juillet/2011 - 17h33

Voilà comment on fait de l'affaire DSK l'affaire Thompson !
Quel grand art :D

Portrait de C_JM
C_JM (non vérifié)
31/juillet/2011 - 16h11

Voici un copié-collé pour ceux qui veulent lire (sans la chercher) l'interview dans L'Illustré. Les autres: zappez ! ;-)

NTERVIEW EXCLUSIVE

«DSK EST UN HOMME PHYSIQUE»

Le procureur Cyrus Vance, qui vient de reporter au 23 août l'audience initialement prévue le 1er août, a de bonnes raisons pour cela: il tient notamment à interroger Marie-Victorine M. Cette femme de 38 ans peut en effet lui fournir des clés importantes sur les comportements sexuels de DSK dont elle fut la maîtresse durant plusieurs mois. Elle se livre en exclusivité à «L’illustré» et se dit prête à se rendre à New York. Un témoignage qui s’inscrit au cœur d’une procédure juridique complètement folle.

Par Arnaud Bédat - Mis en ligne le 30.07.2011

La pression est devenue trop forte. Marie-Victorine M., 38 ans, a décidé de sortir de l’ombre et de parler au grand jour, sans rien dissimuler. Cette jeune femme affirme qu’elle a été pendant près d’une année la maîtresse de Dominique Strauss-Kahn, une liaison qu’elle a consignée au jour le jour dans un journal intime. Née de mère espagnole et de père congolais, elle a rencontré le leader socialiste en février 1997 dans sa ville de Sarcelles, en banlieue parisienne, où il était maire. Rendez-vous secrets, baisers volés, elle évoque aujourd’hui une dévorante passion amoureuse. «Mon premier grand amour», dit-elle. Une déclaration qui éclaire quelque peu ce que pourrait avoir été la vie cachée de DSK et expliquerait l’acharnement des avocats de Nafissatou Diallo, la femme de chambre du Sofitel, à mettre au jour tout ce qui, dans le passé de l’ancien patron du FMI, pourrait servir la cause de leur cliente.

Actuellement consultante, juriste formée à la Sorbonne, à l’ONU à Genève, puis à la Cour pénale internationale à La Haye, Marie-Victorine M. vit depuis 2009 près de Los Angeles, mégalopole qu’elle a décidé de fuir samedi dernier par le premier avion pour se réfugier à Paris. Harcelée par les journalistes américains désireux de raconter son histoire, sollicitée par le bureau du procureur de New-York (avec l'adjointe duquel elle a déjà eu plusieurs contacts téléphoniques), elle accepte aujourd'hui de se dévoiler pour L’illustré.

«Je ne suis pas face à vous pour abattre un homme qui est déjà à terre, dit-elle d’entrée. Je n’ai pas cherché cette interview, j’y suis contrainte parce qu’on me poursuit, car les médias américains font le siège de chez moi, sur la base d’une lettre à mon père qu’ils se sont procurée et dans laquelle j’évoquais cette liaison. On m’a fait comprendre que des articles seraient publiés. Donc, avant que cela ne sorte contre mon gré, je préfère me défendre et prendre les devants.»

Nous l’avons rencontrée quelque part dimanche dernier dans le quartier de Montparnasse, à Paris. Interview confession.

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Le 14 mai dernier, comment avez-vous appris l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New York?

Je venais de rentrer chez moi à Santa Monica. La veille, j’avais volé de Hong Kong vers Los Angeles. A mon réveil, sur mon mail, j’avais une alerte du New York Times. J’ai cliqué sur le lien et j’ai lu la dépêche annonçant la nouvelle…

Et quelle a été votre première réaction?

Instinctivement, cela a d’abord été de la stupéfaction. La seconde réaction, immédiatement après, a été de me dire que mon téléphone allait sonner bientôt. Dans mon entourage, il n’y avait que deux personnes qui étaient au courant de ma liaison passée avec lui. Effectivement, elles n’ont pas manqué de m’appeler. «Dis, tu as vu ça? Qu’est-ce que t’en penses?» Et je leur répondais à chaque fois: «Oui, c’est incroyable, mais en même temps, il est ce qu’il est!» Ensuite, je me suis demandé si Dominique était devenu stupide avec l’âge. Il était sur la route du succès et il avait saboté toutes ses chances. Mais au fond de lui, je ne suis pas certaine qu’il voulait vraiment être président de la République. C’est un acte manqué. Mais je n’imagine pas que ce soit conscient de sa part.

C’est-à-dire?

C’est-à-dire que je pense que c’est un homme qui aime le sexe, qui a un gros appétit sexuel, qui aime les femmes, donc, qu’effectivement, il est peut-être allé un peu trop loin, beaucoup trop loin. Et je suis convaincue que, dans son esprit, il est intimement persuadé de ne pas être coupable. Même si des éléments matériels parlent contre lui. Via ses avocats, il a d’abord nié, puis il a admis la relation sexuelle de manière consentie. Quand j’ai lu les premiers articles dans la presse américaine, contenant par exemple le détail qu’il aurait pris sa présumée victime par-derrière, cela m’a poussée à croire cette femme. Il y a de l’ADN et du sperme, donc forcément il s’est passé quelque chose dans la suite 2806.

Quand avez-vous rencontré Dominique Strauss-Kahn pour la première fois?

Je l’ai rencontré le 2 février 1997. C’était un dimanche matin, autour de 11 h 30…

Vous êtes précise.

Ce n’est pas le genre de chose que vous oubliez! On s’est rencontrés lors d’une manifestation à la mairie de Sarcelles, lors de la cérémonie des vœux. Mon père, militant socialiste, m’y avait emmenée. Il connaissait Dominique Strauss-Kahn depuis plusieurs années, mais j’avais toujours refusé de l’accompagner. Ce jour-là, je ne sais pas pourquoi, j’avais accepté d’y aller et je me souviens que j’étais en retard. Quand j’ai pénétré dans la salle, Dominique était en train de faire un discours, derrière un pupitre. C’était comme dans un film: vous êtes dans une salle comble et, tout à coup, deux regards se croisent et vous êtes seuls au monde. Quand il m’a vue, il s’est arrêté de parler quelques secondes. Ensuite, une fois descendu de l’estrade, il s’est dirigé aussitôt vers mon père qui me l’a présenté. Il m’a serré la main et a lancé à mon père: «Donc, c’est votre fille.» Un petit groupe de personnes s’est formé autour de nous. Pendant qu’il leur parlait, son regard était fixé sur moi et le mien dans le sien. C’était intense. Puis, tout à coup, j’ai annoncé à mon père que j’allais rentrer. Et, là, Dominique m’a retenue: «Vous partez? Mais il faut que vous m’appeliez!» Nous avons alors échangé nos numéros. Et une heure après à peine il m’a appelée. On a conclu de se revoir l’après-midi même, à 15 h 30. Il m’a fixé rendez-vous au bar d’un grand hôtel du boulevard de Courcelles. On savait tous les deux ce qui allait se produire, il n’y avait pas de doute. C’était comme une prémonition. Puis on est allés dans une chambre et on était un peu surpris de se retrouver tous les deux là. Avec l’éducation que j’avais reçue, stricte et catholique – j’ai été en internat chez les sœurs – je n’aurais jamais imaginé ça. J’étais une jeune fille âgée de 23 ans, il en avait 47. Lors de ce premier rendez-vous, on est restés longuement au lit. Il a quitté l’hôtel vers 19 h 15, me laissant toute seule dans la chambre. Je me suis alors précipitée sur le téléphone et j’ai appelé mon meilleur ami: «Tu ne vas pas croire ce qui m’arrive...»

C’était pour vous un véritable coup de foudre?

Oui. Je me souviens d’ailleurs de ce qu’il m’avait dit de ce moment: «J’avais besoin de savoir qu’on allait se revoir.» Ça avait duré à peine quelques secondes.

C’est alors le début d’une liaison clandestine…

Totalement, oui. Nous savions tous les deux que c’était impossible de vivre un tel amour au grand jour, mais on ne se cachait pas vraiment. On prenait parfois un verre dans un café de l’avenue Wagram, mais on évitait tout signe d’affection en public. Il était attentif et prévenant avec moi et réussissait toujours à se débarrasser de ses gardes du corps. Il conduisait alors luimême sa propre voiture. On se voyait plus régulièrement dans un appartement du XVIe arrondissement dont il me disait que c’était le logement d’un de ses amis – un endroit assez spectaculaire, très grand, meublé à l’ancienne – mais aussi au Sofitel, dans le XVe arrondissement. On pouvait se voir de jour comme de nuit, fréquemment au début, puis on s’appelait souvent aussi, on s’échangeait des textos. Parfois, il m’appelait pour ne rien dire, très tendre avec moi. Quand le parti socialiste a gagné les législatives, par exemple, il était à la télévision et il prenait le temps de m’appeler. J’étais stupéfaite. «Pourquoi m’appelles-tu?» «Parce que j’ai envie d’entendre ta voix», me susurrait-il. C’était surréaliste.

Combien de temps votre liaison a-t-elle duré?

Ça s’est terminé juste après Yom Kippour, à la fin du mois d’octobre. Entre-temps, il était devenu ministre. C’était devenu compliqué entre nous. Je ne me voyais pas en maîtresse à vie. La relation était intense. Physique. On a été tous les deux stupéfiés par cette intensité, cette alchimie entre nous. Un regard suffisait.

Avez-vous été très amoureuse de lui?

Oui… (Long silence.)

Et aviez-vous l’impression qu’il l’était aussi?

Il faudrait le lui demander… Rétrospectivement, maintenant, avec tout ce que je lis dans les journaux, je ne sais plus… Il ne me l’a jamais dit, mais je ne lui ai jamais dit non plus que je l’aimais.

Quand vous êtes-vous revus pour la dernière fois?

La dernière fois qu’on s’est vus, c’était le soir. On était un peu énervés tous les deux, on s’est disputés devant l’immeuble. Un des voisins a ouvert les volets et on s’est aussitôt arrêtés net de s’invectiver. «Bon, je vais prendre un taxi», lui ai-je lancé. Et j’ai filé chez une amie. J’ai pris un bain et j’ai voulu oublier toute cette journée. J’étais dans un sale état, bouleversée et triste. Puis j’ai vu que mon pull s’était déchiré et que je m’étais blessé la main lors de notre dispute dans un mouvement involontaire. Je ne me souviens plus des mots qu’on a échangés ce soir-là, mais quand mon amie m’a vue arriver, elle m’a trouvée dans un piteux état. C’est alors que je lui ai tout révélé de ces amours clandestines. Elle ne voulait pas me croire. Je lui ai dit: «Mais téléphonelui.» Elle l’a fait. Et, là, elle a compris.

DSK vous parlait-il beaucoup de lui? De ses ambitions politiques?

Très peu. Je me souviens à l’époque qu’il voulait être ministre, ça oui, clairement. Président? Il avait eu un jour cette phrase: «Je ne pourrai jamais être président parce que je suis juif et francmaçon.» Il en était convaincu. Sinon, nous avions des conversations d’ordre intime bien sûr, on parlait de la vie, de mes études, par exemple, de sa fille qui vivait à New York et qui avait mon âge…

En février 1998, vous faites une tentative de suicide dans la maison de votre père à Sarcelles…

Je ne me souviens plus très bien de cet épisode. J’avais pris des médicaments, c’est encore flou dans ma tête. C’était quelques semaines après notre rupture. Ce n’était pas du dépit, mais j’étais blessée. Il m’avait vraiment fait mal. Mais ce sont des choses qui arrivent dans tous les couples.

Avez-vous été blessée par des promesses non tenues?

Je pense que c’était plus que ça… Je dois d’ailleurs préciser que je ne lui ai jamais demandé de quitter sa femme. Vous savez, au fil des mois, quand vous vous retrouvez dans ce genre de relation, votre cœur est en jeu. Et quand vous y ajoutez la complication de voir que l’homme que vous aimez est ce qu’il est, qu’il mène une vie où vous avez peu de place, ça fait mal, c’est dur à vivre. Quand vous allumez la télé, vous avez son image. Vous ne pouvez plus vous enfuir de sa présence. Elle est là et vous torture. Je me sentais seule. Je ne pouvais en parler à personne… Quand je me suis réveillée à l’hôpital de Gonesse, M. Pupponi, le maire de Sarcelles, était à mon chevet. Je me souviens lui avoir parlé quelques minutes en lui demandant ce qu’il faisait là. Il m’avait répondu que Dominique voulait juste savoir si ça allait. J’imagine que mon père avait dû l’appeler aussi et qu’ils avaient dû avoir ensemble une conversation assez salée…

Avez-vous l’impression que DSK peut être très manipulateur?

Oui. Il peut être très manipulateur. Je n’ai pas l’impression qu’il l’était avec moi, il ne m’a jamais forcée et j’assume complètement. Mais la manipulation n’est pas quelque chose qui me surprend chez lui.

Ça se traduit comment?

Il suffit de regarder par exemple les liaisons qu’il a eues ou de se remémorer cette lettre de Piroska Nagy, lorsqu’elle dit: «J’avais le sentiment que j’étais perdante si j’acceptais, et perdante si je refusais.» Il y a clairement manipulation ou chantage.

Kenneth Thompson, l’avocat de Nafissatou Diallo, vous a-t-il contactée?

Oui, nous nous sommes parlé au téléphone… (Elle sort son téléphone portable.) C’était le 18 juillet à 9 h 30 du matin, heure de Californie, 12 h 30 à New York. La conversation a duré environ quarante-cinq minutes et s’est passée en présence de mon avocate américaine, Gloria Allred. Ses questions étaient vraiment salaces, chirurgicales. Il m’a proposé aussi de rencontrer sa cliente, mais j’ai refusé.

On m’a parlé d’un avortement durant votre liaison avec Dominique Strauss-Kahn...

Je refuse de parler de ça.

Mais DSK vous a-t-il forcée à avorter?

Kenneth Thompson m’a posé la même question et je lui ai répondu ceci: «Il m’a forcée à ne rien faire du tout.» Il y a des choses qui doivent rester entre deux personnes, et Dieu.

DSK a-t-il été parfois violent avec vous?

Kenneth Thompson m’a aussi posé la question. C’est quoi la violence? Un homme qui vous plaque au mur et qui vous embrasse, c’est violent? Il y a violence et violence. Pour moi, ce n’était pas violent. Il ne l’a jamais été avec moi. Ni physiquement ni verbalement. Je considère notre relation davantage comme de la passion que comme de la violence. Nous étions dans une relation consentie. Donc, même s’il l’avait été dans l’intimité, ça ne regarderait que nous.

Avez-vous la conviction qu’il a pu violer Nafissatou Diallo?

Franchement, je pense qu’il y a eu une relation entre eux, une relation forcée. Je ne sais pas s’il s’agit de viol. C’est un homme qui est physique, donc il est tout à fait possible qu’il ait étreint cette femme de façon brusque ou brutale. Mais on en revient toujours à la même question: qu’estce que la définition exacte de la violence? Dominique m’a étreinte parfois de façon brusque, mais, pour moi, c’était de la passion, pas de la brutalité. Cette femme dit qu’elle a lutté, je veux bien la croire. Mais ça m’étonne un peu, car, d’après mes souvenirs, Dominique n’est pas le genre d’homme qui a besoin de forcer. C’est là que la manipulation séductrice intervient peut-être. La force n’est pas le moyen qu’il utilise… Il utilisera le charme, définitivement, mais pas la force…

Même si on lui résiste?

Je ne peux pas répondre dans le sens où je ne lui ai jamais résisté. Il ne m’a jamais forcée à faire des choses que je ne voulais pas faire. Je dirai qu’il est plus charmeur que violent.

Si on vous le demande, êtes-vous prête à aller témoigner devant le procureur de New York?

Oui, j’imagine que oui. Mais je pense que ça servirait sans doute plus la défense que l’accusation.

Qu’auriez-vous envie de dire à DSK aujourd’hui?

(Elle rigole.) «Fais davantage attention à tes choix de partenaires. Clairement. Et si tu veux tromper ta femme, ne sois pas pris!»

Si un tribunal reconnaît sa culpabilité, doit-il aller en prison?

Oui, bien sûr. S’il est coupable, il doit admettre les faits. Mais il ne les admettra jamais. Je le connais trop bien. Mais s’il est innocent, alors qu’il utilise tout l’argent de sa femme pour se défendre. C’est la juriste que je suis qui vous parle. Il n’y a que lui, Nafissatou et Dieu qui savent.

Auriez-vous envie de revoir DSK aujourd’hui?

Oui. Et je vais vous dire pourquoi: parce que je pense qu’il me dirait la vérité. C’était un grand truc entre nous: ses yeux parlent énormément. Je crois que j’aurais le fin mot de l’histoire. Ou alors suis-je encore complètement naïve…

Avec le genre de propos que vous tenez, quatorze ans après les faits, vous êtes consciente qu’on peut vous soupçonner de vouloir «rouler» pour Nafissatou Diallo et ses avocats en crédibilisant sa thèse?

Je vous assure que tout ce que je vous ai dit est vrai. Je ne roule pour personne et sûrement pas pour cette femme que je ne connais pas.

Portrait de Gritcht
31/juillet/2011 - 16h06


Oui. D'ailleurs elle le dit elle-même dans l'article ;)

Portrait de dimitri77
31/juillet/2011 - 16h04


Exact ,"relation forcée mais elle ne sait pas s'il s'agit de viol "..."

Portrait de Gritcht
31/juillet/2011 - 16h02


Oui c'est pour ça que ce témoignage ne peut pas être soupçonné d'avoir été acheté par DSK. C'est pas un témoignage à 200% favorable.
Maintenant y a ce qu'elle a vécu avec DSK, qui va dans le sens de la défense et y a ce qu'elle pense de l'affaire N. Diallo ou elle penche pour l'accusation. Mais là c'est que son avis.

Portrait de dimitri77
31/juillet/2011 - 15h54
Gritcht a écrit :
En fait , à la fois le bureau du Procureur et Kenneth Thompson ont parlé avec elle. Ca s'explique facilement : le Procureur se doit de communiquer ses éléments d'enquête à la presumée victime et à la défense.


Oups!!Sorry ,doublon ;-)

Portrait de dimitri77
31/juillet/2011 - 15h53
Marieeee a écrit :
Oups désolée ! Je m'en étais tenue au fait que ce soit K. Thompson qui tenait absolument à la contacter et donc à obtenir un témoignage qu'il estimait en sa faveur ...


Eh bien en fait, elle dit bien que Thomson l'a appelée mais que c'est l'adjointe du proc qui l'avait trouvée par leurs enquêteurs et qu'elle était poursuivie par les médias US donc elle rentrée en Europe et là du coup elle répond aux médias ,ça devient très compliqué ;-)

Portrait de Gritcht
31/juillet/2011 - 15h52
Marieeee a écrit :
Oups désolée ! Je m'en étais tenue au fait que ce soit K. Thompson qui tenait absolument à la contacter et donc à obtenir un témoignage qu'il estimait en sa faveur ...


En fait , à la fois le bureau du Procureur et Kenneth Thompson ont parlé avec elle. Ca s'explique facilement : le Procureur se doit de communiquer ses éléments d'enquête à la presumée victime et à la défense.

Portrait de dimitri77
31/juillet/2011 - 15h44
Marieeee a écrit :
J'ajouterais même que K. Thompson est pris à son propre piège dans le cas présent. Dans sa quête forcenée à vouloir trouver des témoins à charge (ce qui est son rôle), il est tombé sur "os",ça arrive ! ... ;)


Apparemment dans l'interview originale de cette jeune femme ,ce serait l'équipe du proc qui l'aurait sollicitée,après ...la réalité ...;-)

Portrait de cash33
31/juillet/2011 - 15h29

Et hop ,maintenant les récits des anciennes maîtresses ..
Moi, on peut faire parler les miennes ,d'anciennes maîtresses ...je suis peinard ..elles diront toutes ..

agréable,
attentif ,
bon travailleur très appliqué ..

pour le CP, CE1, CE 2 ,après j'ai eu des instits hommes

:p

Portrait de Gritcht
31/juillet/2011 - 15h27

Toujours est-il que le témoignage de Marie-Victorine est aussi pertinent que n'importe quel autre témoignage.
Ce n'est pas parce qu'il ne va pas dans le sens désiré par certain(e)s qu'il est disqualifié.

Portrait de C_JM
C_JM (non vérifié)
31/juillet/2011 - 15h20
Gritcht a écrit :
????? donc maintenant on ne "juge" plus sur ce que les gens disent mais sur ce qu'ils auraient pu dire (si les poules avaient des dents)... Ca devient compliqué :D


Si vous sortez mes propos du contexte dans lequel ils ont été écrits, alors effectivement vous pouvez en déduire tout à fait autre chose que l'explication initialement destinée au message de Joe le taxi.

Portrait de Gritcht
31/juillet/2011 - 15h04
C_JM a écrit :
Si toutes ses précédentes maitresses ont été consentantes, forcément que le discours ne sera pas le même que pour une femme qui aurait été forcée. Ca n'équilibre donc rien du tout, c'est juste un point de vue différent car situation différente. Juste pour exemple : la dernière en date dit que DSK l’a parfois étreinte de façon brusque mais que pour elle c’était de la passion et pas de la brutalité. Aurait-elle dit pareil si elle avait été forcée ?


????? donc maintenant on ne "juge" plus sur ce que les gens disent mais sur ce qu'ils auraient pu dire (si les poules avaient des dents)... Ca devient compliqué :D

Portrait de C_JM
C_JM (non vérifié)
31/juillet/2011 - 14h54


Si toutes ses précédentes maitresses ont été consentantes, forcément que le discours ne sera pas le même que pour une femme qui aurait été forcée.
Ca n'équilibre donc rien du tout, c'est juste un point de vue différent car situation différente.
Juste pour exemple : la dernière en date dit que DSK l’a parfois étreinte de façon brusque mais que pour elle c’était de la passion et pas de la brutalité.
Aurait-elle dit pareil si elle avait été forcée ?

Portrait de Gritcht
31/juillet/2011 - 14h36

Si vous saviez tout ce que K Thompson fait.... :D Tout est bon pour préparer le procès civil :D

Portrait de Gritcht
31/juillet/2011 - 14h34


Ben oui mais comme il en a pas trouvé il passe aux maîtresses :D

Portrait de dimitri77
31/juillet/2011 - 13h57


L'audience est reportée à la demande de Cyrus Vance le proc, pour l'instant Thompson n'a aucun pouvoir sauf celui de faire pression comme il peut par les médias.

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