25/07/2011 20:14

La ville de Forcalquier lance le cinéma en "odorama"

Fragrances de bord de mer, d'explosif ou de boulangerie... Forcalquier propose cet été du cinéma en "odorama", une initiative peu commune et délicate à mettre en oeuvre, pour raviver les émotions du public.

"L'odeur a une charge émotionnelle unique. A jamais enregistrée dans le cerveau, c'est la seule qu'on n'oublie jamais", relève Olivier Bagarri, directeur de l'Université européenne des senteurs et saveurs, qui accueille la première édition de ce festival "Double sens".

Dans le cloître du couvent des Cordeliers, siège de l'université, quatre bornes de diffusion sont déployées face aux quelque 200 spectateurs installés en plein air.

Après "Le chocolat", "Le Festin de Babette" vient d'être montré. Agrémenté de trente secondes d'arôme de cigare lorsqu'apparaît la salle des officiers, un peu plus tard d'un parfum de pluie et de terre mouillée, plus tard encore du fumet de la soupe. Une odeur de salade et de bière, et enfin un arôme de café et de vieux marc.

Les partitions, conçues par les parfumeurs réputés Lucien Ferrero et Dominique Ropion (créateurs pour Givenchy ou Saint Laurent), veulent avant tout créer des atmosphères.

Le processus est inédit aussi, caissons équipés de diffuseurs commandés à distance et parfois délicats à manier, surtout quand le vent s'en mêle.

"Ce que je veux, c'est toucher les gens", dit l'inventeur, Michel Le Louarn, de Garde-Temps, société spécialisée dans l'olfactif, partenaire du festival avec l'association Alpes de Lumière.

Il évoque tel spectateur dérangé "par une odeur désagréable" - l'encens accompagnant une scène dans une église - car lui rappelant un enterrement. "Là on avait réussi!"

"C'est étonnant, plus subtil que prévu", commentent dans le public Eric et Claire Dagnaux, venus d'une commune voisine. "C'est plus une ambiance que des odeurs précises, ça ouvre" les perceptions.

Et pour enrichir l'expérience, puisque 80% de la perception gustative vient aussi de l'odorat, un buffet thématique est concocté avant chaque projection, notamment par le chef étoilé Eric Sapet (installé à Cucuron, dans le Vaucluse) qui, pour le "Festin de Babette", a livré sa version de la "caille en sarcophage" ou de la "soupe de tortue" (via un consommé aux "herbes à tortue").

En août, des projections du "Parfum" et de "Jean de Florette" sont prévues. Le cinéma en odorama devrait voyager notamment en Bretagne et en Isère en 2012.

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Vos réactions

Portrait de GEHEL007
29/juillet/2011 - 16h26

Ceux qui étaient avec moi il a quelques semaines pour voir Kung-fu Panda 2 se souviennent encore de cette expérience de cinéma en odorama ... lorsque j'ai décidé de retirer mes chaussures pour être à l'aise :D

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