22/07/2011 16:17

Cameron rattrapé en Afrique par le scandale des écoutes

Par Alice RITCHIE

Le Premier ministre britannique David Cameron a décidé lundi à Johannesburg d'écourter un voyage déjà réduit en Afrique, pour rentrer dès mardi soir à Londres et répondre aux attaques suscitées par le scandale des écoutes téléphoniques.


Bien qu'il ait abordé les questions cruciales de l'avenir de la Libye et surtout de la dramatique sécheresse qui dévaste l'est de l'Afrique, M. Cameron n'a pas pu échapper aux conséquences de l'affaire qui ébranle le Royaume-Uni depuis plusieurs jours.

Lundi après-midi, quelques heures seulement après son arrivée en Afrique du Sud, il a fait savoir qu'il ne resterait qu'une matinée au Nigeria, mardi, et qu'il repartirait au plus vite vers Londres.

Le Premier ministre "va rentrer pour préparer la déclaration qu'il fera au Parlement le lendemain matin", a indiqué l'un de ses conseillers à la presse à l'aéroport de Johannesburg, quelques minutes avant son décollage pour Lagos.

Lundi matin, lors de sa conférence de presse commune avec le président sud-africain Jacob Zuma, M. Cameron avait demandé aux parlementaires britanniques de prolonger leur session mercredi.

"Je demande au Parlement de siéger une journée de plus mercredi de façon à ce que je puisse faire une autre déclaration, et informer la Chambre des derniers développements de l'enquête et répondre aux questions concernant ce qui a été annoncé aujourd'hui", a-t-il déclaré. M. Cameron a cependant justifié le maintien de son déplacement, estimant que l'engagement de la Grande-Bretagne en Afrique était une priorité.

"Il est juste pour la Grande-Bretagne d'être engagée au côté de l'Afrique du Sud, et de l'Afrique en général. C'est une gigantesque opportunité pour le commerce, pour la croissance, pour l'emploi (...) et je pense qu'il est bon que le Premier ministre britannique soit ici avec les entreprises britanniques", a dit le Premier ministre, qui est accompagné d'une délégation de 25 hommes d'affaires.

Le voyage devait initialement durer cinq jours, et se terminer par le Ruanda et le Soudan du Sud, mais M. Cameron l'avait déjà raboté en raison de la tempête politique qui agite la Grande-Bretagne.

Au cours de sa conférence de presse, le Premier ministre a par ailleurs lancé un cri d'alarme, estimant que la sécheresse qui frappe actuellement l'Afrique de l'Est était la pire depuis une génération.

"Il devient de plus en plus clair que ce dont nous sommes témoins actuellement est la plus catastrophique situation dans cette région depuis une génération", a-t-il dit.

"Des dizaines de milliers de personnes sont peut-être déjà mortes, dont beaucoup d'enfants de moins de cinq ans. (...) Des actions urgentes et décisives sont nécessaires", a poursuivi le chef du gouvernement britannique. "J'exhorte ceux qui sont encore en train de réfléchir à leur contribution à agir sans délai", a-t-il ajouté.

Sur le dossier Libyen, M M. Cameron et Zuma ont de nouveau constaté certaines divergences de vue, mais sont tombés d'accord sur l'essentiel: le départ du colonel Kadhafi, et le fait que les combattants des deux camps devaient tout faire pour éviter de nouvelles pertes civiles. Toutefois, si les Occidentaux souhaitent forcer le dirigeant libyen à partir par la force, M. Zuma a rappelé la position de l'Afrique du Sud: "Ce qui arrivera à Kadhafi doit être décidé par le peuple libyen. Il faut négocier comment, pourquoi, et où il doit aller", a insisté le chef de l'Etat sud-africain. Officiellement, la tournée africaine de M. Cameron est consacrée aux relations commerciales.

Lundi matin, il a d'ailleurs réaffirmé son soutien à l'idée d'une zone africaine de libre-échange. Dans un article publié par le quotidien sud-africain Business Day, le chef du gouvernement britannique avait affirmé qu'une telle zone de libre-échange pourrait augmenter le PIB du continent de 62 milliards de dollars par an, soit 20 milliards de plus que ce que l'Afrique sud-saharienne reçoit en aides.

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