06/09/2008 15:14

La crise immobilière inquiète la télévision espagnole

RTVE va mal. Ce n'est pas récent. Le groupe audiovisuel public espagnol est l'un des plus endettés au monde (en 2006, sa dette s'élevait à 8000 millions d'euros et augmente de 700 millions par an). Une somme incroyable et impressionnante qui avait d'ailleurs fait baisser le PNB espagnol de près d'un point l'année dernière, l'État devant bien évidemment compenser le manque à gagner en injectant des euros par millions dans les comptes de « son » groupe audiovisuel.

Le coût élevé de la nébuleuse RTVE s'explique à la fois par son financement déséquilibré (la redevance audiovisuelle n'existe pas en Espagne), une grille des programmes onéreuse, calquée sur les télévisions privées, des audiences en chute libre, et ses multiples sièges sociaux – éparpillés dans Madrid – à entretenir.

Une solution avait donc été trouvée il y a quelques mois : mettre en place un plan social draconien (4150 personnes ont déjà été licenciées  ou mises en pré-retraite;  et 631 autres personnes vont bientôt quitter le navire hier), et regrouper toutes les activités du groupes au sein d'un seul et unique siège.  Luis Fernández, le PDG du groupe (le premier dans l'Histoire de la télévision espagnole à ne pas être nommé par l'Exécutif), a estimé que ce nouvel immeuble serait « un lieu de travail agréable et fonctionnel qui sera et fera la fierté des salariés et des citoyens espagnols ». Ce projet immobilier était pourtant dans un premier temps contesté puisque seule la moitié du conseil d'administration du groupe avait voté en sa faveur.

Le nouveau siège– ultra moderne –, qui sera selon toute vraisemblance installé en périphérie de Madrid (les négociations sont encore en cours) devrait faire 172.000m² contre les 240.000 actuels, répartis en 3 sites. A titre de comparaison, le siège de France télévisions fait un peu plus de 100.000m². RTVE pensait enfin respirer après ce gros sacrifice financier. Le groupe espérait en effet tirer un peu plus de 700 millions d'euros de la vente de ses anciens locaux, une somme qui devait couvrir en partie les frais liés au déménagement. C'était évidemment sans compter sur l'éclatement de la bulle immobilière qui secoue l'Espagne depuis quelques mois. Selon les économistes espagnols, la somme espérée par RTVE devrait être revue à la baise de plus de 20% d'ici 2011, date de la mise en service du nouvel immeuble. Un manque à gagner de près 200 millions d'euros qui va devoir être absorbé d'une façon ou d'une autre. Privatiser une chaîne du groupe est exclu. Instaurer une redevance également. Un nouveau plan social est aujourd'hui inconcevable. De quoi inquiéter le gouvernement qui devrait, une fois de plus, prendre en charge cette nouvelle dette, aux frais, une fois de plus, du contribuable. Le même gouvernement qui avait pourtant promis en 2006 de "ne plus jamais" s'occuper des affaires financières de la télévision publique espagnole.  José Luis Rodríguez Zapatero risque fort d'en avaler sa télécommande...

 Julien Migaud-Muller

 

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Vos réactions

Portrait de Barberousse
6/septembre/2008 - 16h32

Il n'y a toujours personne pour relire les posts avant de les valider chez vous !

Portrait de Tomato Boy
6/septembre/2008 - 15h43

Le probleme de TVE ce sont surtout les programmes qui sont plutot axe 3 age ( je n'exagere pas ) et les coupures pubs qui durent plus de 15 min qu'ils mettent au mauvais moment. Ils ont au moins 5 chaines sur la TDT (tnt espagnole), dont 1 ou 2 sont inutiles, donc qu'ils ne viennent pas avec la comedie de la crise immobiliere, ils ont juste une mauvaise strategie ...

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