29/11/2006 09:14

Documentaires censurés à la télé (Télérama)

 

Des documentaires que les chaînes refusent après les avoir commander, c'est le thème d'un article très intéressant dans Télérama aujourd'hui.

Extraits

(...)

L’an dernier, John Paul Lepers claquait la porte de Canal, son documentaire sur Bernadette Chirac sous le bras, après la décision de la chaîne de ne pas programmer ce film jugé « trop perso, pas assez journalistique ». Autre cas sur France 2, le documentaire Sarkozy mot à mot, de Gérard Leclerc et Florence Muracciole, décryptant le discours de Sarkozy au moment de son accession à la tête de l’UMP, est passé à la trappe avant diffusion. Motif : la présence répétée de Sarkozy dans l’émission 100 minutes pour convaincre, puis la proximité du référendum sur l’Europe.

Abandonné, le film a servi de point de départ à une nouvelle collection de dix films, destinés cette fois à France 5, proposant une analyse de la parole des principaux leaders politiques. « Il n’y a pas eu de censure, plaide Philippe Vilamitjana, directeur des programmes de France 5. Comme la 2 n’avait pas de case pour le programmer, nous l’avons récupéré. Mais lorsqu’il est arrivé chez nous, le film était daté et nous avons été obligés de le retourner. » Au sein de France 2, on estime quand même que « la direction a été peut-être un peu frileuse ».

Rares sont les cas où les chaînes reconnaissent ouvertement qu’un film pose problème. Ce fut le cas de Jénine Jénine, déprogrammé par Arte, qui traitait des dérapages de l’armée israélienne à Jénine lors de l’opération « Mur de protection » en 2002 : « Il y avait des raccourcis saisissants dans le film, sur la manière dont l’armée israélienne était mise en cause, explique Emmanuel Suard, directeur de la programmation d’Arte. En 2003, il y a eu une vague d’agressions antisémites dans les lycées. Le contexte, trop sensible, ne se prêtait pas à la diffusion. »

Les véritables « brûlots politiques » ne courant pas les grilles, la décision de ne pas diffuser obéit souvent à des impératifs plus subjectifs, liés aux exigences des lignes éditoriales. Il y a une quinzaine d’années, Viols et châtiments, un film de Jean-Xavier de Lestrade, qui donnait à voir, et surtout à entendre, trois agresseurs sexuels, s’est vu recaler après visionnage au sein de France 2 : « La chaîne voulait qu’un personnel médical encadre le discours des criminels, ce qui allait à l’encontre du projet même. Dans les documentaires, la parole est toujours remâchée par quelqu’un d’autre. Ces hommes avaient quelque chose à dire, et on refusait de les écouter directement ! » La protection de la vie privée et les contraintes juridiques conduisent aussi, parfois, à une prudence jugée « excessive ».

Marie Mandy, réalisatrice pour la case jeunesse KD2A, en a fait l’expérience avec un film consacré aux adolescents suicidaires, bloqué par France 2 car censé « contrevenir à la loi sur la protection des mineurs en détresse ». La chaîne estimait que la réalisatrice aurait dû rendre les jeunes méconnaissables. « Pour moi, il était important de les filmer en gros plan, rétorque Marie Mandy. Je voulais voir sur leur visage comment ils parlaient de la vie et de la mort. Traiter le suicide en floutant les enfants revenait à les renvoyer du côté des limbes, de la mort. »

(...) Du côté des chaînes privées, aussi, les cadavres se ramassent à la pelle. Il y a quelques mois, la première fiction de Christophe Honoré, Tout contre Léo, qui dormait depuis cinq ans dans les cartons de M6, a enfin été diffusée… sur Pink TV. Le téléfilm, qui traite les thèmes de l’homosexualité et du sida, avait été commandé dans le cadre de la collection « Carnets d’ados ».

Bloqué un temps à cause d’une scène d’amour entre deux hommes, puis finalement laissé en l’état – après qu’Honoré eut refusé de le modifier –, le film avait été purement et simplement oublié. Rien d’étonnant si l’on considère l’évolution de la ligne éditoriale de M6, de plus en plus consensuelle et familiale. La chaîne de Tavernost n’est pourtant pas trop du genre à gâcher : « M6 chaîne est dans une logique de gestion très serrée et prend rarement le risque de mettre de l’argent sans avoir la certitude de diffuser, témoigne un ancien. (...)

Hélène Marzolf
 
L'article intégral:
 

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Vos réactions

Portrait de Nouch30
29/novembre/2006 - 16h04

une chaine libre ???
on fait comment?

Car déjà en payant très cher une redevance on a plein de pub sur la télé publique, je me demande franchement comment tu fais pour avoir une chaine libre.

Pour le reste ça ne me choque pas trop, les chanteurs enregistrent des chansons qui ne sortent jamais, les fabriquants de bagnoles des modèles qu'ils décident de ne pas sortir, idem dans l'agro-alimentaire,...

Portrait de kohai
29/novembre/2006 - 13h03

Orthographe pls
"... après les avoir commander (...)" -> és !!!
Si vous écrivez sous Firefox, il existe un correcteur orthographique gratuit en module à charger
=> https://addons.mozilla.org/firefox/3445/

Eric

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